Les histoires au coin du feu (novembre 2020)

Catégories Les histoires au coin du feu

Retrouvez notre évènement hivernal “Histoires au coin du feu” ! Suivez le #histoireaucoindufeu et découvrez nos histoires en exclusivité sur notre compte Instagram. Nous vous présentons ci-dessous nos histoires du mois de novembre. Belle lecture !

Château de Villers en Ouche

Les enfants et le deuxième étage

Petits, nous ne montions pas au deuxième étage, ou plutôt, nous n’osions pas. Il fallait sinon passer devant le cagibi du fantôme…où s’entassaient, pêle-mêle, chaises cassées et vieux jeux en bois. Autant dire que nous laissions avec plaisir l’étage aux plus grands car, pour l’avoir vu et entendu, c’était un fantôme redoutable.

Un soir après dîner, alors que nous jouions dans la chambre de mon frère, la porte s’est mise à grincer… et une haute et blanche silhouette s’est avancée, dans un cliquetis de chaînes peu rassurant. Je me souviens encore de la peur panique qui s’est emparée de nous, de ces terribles et longues secondes qui ont précédé une cavalcade mémorable…jusque dans les bras de nos parents.

Je crois que je ne suis pas remontée au deuxième étage avant mes douze ou treize ans. Les grands ont bien réussi leur coup : un drap sur la tête… et l’étage entier pour eux !

Marguerite Domergue


Château de Barbirey

« Auprès du chaud foyer, tout semble possible à Barbirey. »

C’est ce qu’a dû se dire Charles de Foucauld lorsqu’il vint visiter sa soeur pour la première fois en 1900. Il n’était pas encore ordonné prêtre que déjà un profond besoin d’espace fleurissait en lui. Sa soeur, devait-être éblouie et intriguée par ce grand frère qui décida de faire volte-face en entrant dans les ordres après une courte carrière militaire. Quelle belle retrouvaille pour cette famille aux origines nobles qui renouait avec « la vie de château ».

Anecdote de circonstance : l’achat du château n’aurait pas été possible sans que Charles fit voeux de pauvreté. « L’imitation est inséparable de l’amour. Quiconque aime veut imiter, c’est le secret de ma vie. »

Celui qui sera bientôt reconnu pour sa prière d’abandon a su retrouver à Barbirey une forme de repos et de confort qui lui était rare et cher. Entouré des siens et loin de l’ostentatoire, Barbirey était une demeure aux principes simples, tournée vers les jardins.

Alors que les braises rougeoyaient, Raymond de Blic, son beau frère et son jeune neveu, Charles de Blic, contemplaient à travers les fenêtres du salon un coucher de soleil aux couleurs vives typique des soirées d’automne en Bourgogne. Souvenons-nous au coin du feu de votre devise familiale Charles, s’écria Raymond, tout en prenant son fils sur ses genoux et lui contant ses faits d’armes : « Jamais arrière ! ».

Colas Guyonnaud


Château de Grandchamp

Des cousins & une chèvre

A Grandchamp, on pourrait croire que la vie y est paisible.
On se réveille au son de l’alarme désactivée,
Les papilles stimulées par l’odeur du pain grillé;
Nous nous parons de nos bottes et de nos pulls extensibles.

Excités, nous prenons nos vélos vers les grands bois.
Les débuts de la cabane n’ont pas bougé,
Au ramassage les plus petits sont envoyés.
Les grands sont les architectes, un bien meilleur choix.

Bien vite les heures passent et de loin on entend les appels.
C’est l’heure du grand déjeuner de Mam.
Les premiers filent et créent un drame.
Les petits seront encore les derniers, c’est officiel.

Les premiers, fous et essoufflés, font un tour rapide,
On croirait à des chaises musicales,
Ils cherchent tous la chèvre affable :
Cette assiette précieuse cachée dans la pile splendide.

Capucine Maringe


Château de la Bouleaunière

un amour interdit caché sous les coursives

« Lors d’une fête de village, Honoré de Balzac alors âgé de 22 ans rencontre Madame de Berny de 25 ans son ainé. A cette époque, la famille de Balzac et la famille de Berny sont voisines à Villeparisis. Madame de Berny est mariée avec un conseiller à la cour et Balzac entre dans sa vie en tant que précepteur de ses filles.

Après les lettres d’amour à répétition pendant plus d’un an, Madame de Berny céda. Certes elle trouvait Balzac très jeune mais grâce à son écriture elle succomba et Balzac devint son amant.

Madame de Berny fut très inspirante dans la vie de Balzac futur écrivain, elle représenta la figure maternelle qui lui manquait. Madame de Berny le conseilla dans son écriture, ce fut l’un des premiers soutiens de l’écrivain. Elle lui donnait des conseils, relisait son travail et finança ses projets à une imprimerie à Paris.

Madame de Berny devint la femme la plus importante de la vie de Balzac Les deux amants se réfugiaient au château de la Bouleaunière à l’abri des regards pendant plusieurs années. Madame de Berny était très attachée à ce château où elle y mourra en juillet 1836. »

Lola Moles

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *